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Entrevue avec Alex Perron

janvier 9th, 2012

Crédit photo Perry Sénécal

Résumé d’une rencontre des plus sympathiques avec Alex Perron. Chaleureux, authentique et très drôle, Alex est un homme qui s’assume et qui ne s’empêche de rien. Enfant unique et originaire de la campagne, Alex vient d’une famille où la notion d’interdit ne lui a jamais été inculquée et c’est tant mieux !

L’alimentation constitue un réel plaisir dans la vie d’Alex et s’imposer des limites à cet égard deviendrait tout simplement une source extrême de frustration. Il me confie être un adepte du fastfood mais tout en sachant faire la part des choses. Il trouve d’ailleurs irritant le discours moralisateur et culpabilisant de certaines nutritionnistes. Il ne peut s’empêcher d’y déceler une forme de jugement. À ses yeux, la notion de plaisir se traduit par des petits moments où l’on se gâte et pour lesquels il ne vaut pas la peine de se sentir coupable.

Au niveau de ses habitudes alimentaires personnelles, Alex m’explique qu’il fonctionne beaucoup au jour le jour et qu’il cuisine peu. Si l’occasion se présente, il achètera des produits biologiques mais sans plus. Tout comme pour les aliments plaisir, Alex me confie trouver que la pression à manger bio est fréquemment moralisatrice. À son avis, il n’est pas nécessairement souhaitable de s’aseptiser en épurant notre alimentation à outrance.

Alex n’a jamais fait de régime amaigrissant ou calculer son alimentation. Il me dit être fasciné par les gens qui sont extrêmement rigides et qui s’imposent des critères élevés. Il m’explique avec conviction que malgré tout ce que l’on peut entendre, l’apparence physique n’est pas un gage de bonheur total. Au contraire !

En ce qui concerne son image corporelle, Alex se sent bien et vit bien avec son corps et ce, avec tout ce que ce dernier comporte en points forts et moins forts! Plus jeune, il admet avoir été plus préoccupé par le fait de séduire. D’autant plus qu’au sein de la culture gay, une importance démesurée est accordée à l’apparence physique. Il m’explique, avec ce que je perçois comme une grande maturité, qu’il faut être conscient de ce que l’on a. Il ajoute alors avec humour, que nous avons tous des deuils à faire et que certains combats sont perdus d’avance. Par exemple, malgré l’engouement considérable pour le Botox chez les artistes d’aujourd’hui, Alex me confie ne pas être pour l’instant tenté par ce genre d’intervention.

En tant que personnalité connue, Alex reçoit régulièrement des commentaires sur son apparence; commentaires que les gens ne se permettraient même pas de faire, à son avis, à leurs proches. Je lui reflète qu’il semble avoir fait le deuil de l’unanimité et être en paix avec le fait qu’il puisse déplaire à certains. Il poursuit en m’expliquant qu’il fait le choix conscient de miser sur se sentir
bien plutôt qu’être parfait physiquement.

Bon, malgré tout, sent-il qu’il lui reste des enjeux alimentaires ou corporels à travailler ? Alex me répond à la négative. Il sent qu’il a atteint le point ou la quête d’en faire toujours plus et mieux n’est plus l’objectif. Il s’inspire maintenant plus de ce qu’il a envie plutôt que de ce qu’il perçoit comme étant les attentes des autres.

Nous abordons par la suite le sujet de l’image corporelle irréaliste véhiculée dans les médias et c’est à ce moment qu’Alex dégage une énergie hautement contagieuse ! Il m’affirme être catégoriquement contre les images retouchées. Selon lui, il faut que les gens cessent de simplement critiquer les choix de mannequins avec un corps irréaliste choisis par les revues. Afin que la situation change, il faut plutôt poser des gestes concrets comme cesser d’acheter les dites revues.

Plus important encore, cette fausse image parfaite véhiculée dans les médias est celle avec laquelle nos jeunes d’aujourd’hui doivent tenter de se bâtir une saine estime de soi et là il y a un grave problème. Il faut donc démystifier la fausse réalité à laquelle les jeunes sont exposés et les éduquer sur le fait que la minceur n’est pas associée au succès, au bonheur et à la réussite.

Notre rencontre se termine sur une note inspirante. Merci Alex pour cette entrevue riche en réflexions !

Entrevue avec Stéphane Quintal

novembre 23rd, 2011

Stéphane Quintal représente, aux yeux de plusieurs, un idéal de forme physique. C’est lorsqu’il est repêché par les Bruins de Boston en 1987 que Stéphane débute sa carrière dans la Ligue National de Hockey. Par la suite, il jouera avec les Blues de St-Louis, les Jets de Winnipeg, les Rangers de New York, les Blackhawks de Chicago et les Canadiens de Montréal, pour finalement prendre sa retraite en 2005.

Stéphane me confie que plus jeune il ne réalisait pas, en ce qui a trait à la nourriture, que « mettre du super sans plomb était important ».  C’est lorsqu’il rencontre son amoureuse, en 1997, qu’il découvre les vertus d’une bonne alimentation. Il découvre également des aliments à saveur plus méditerranéenne, ce qui contraste avec ses anciennes habitudes.

Stéphane semble à la fois soucieux de son alimentation et de son apparence tout en étant un amateur de bonne bouffe et de bons vins. Il me dit qu’il a toujours été difficile pour lui de conserver son poids. Il se pèse d’ailleurs tous les jours. Il applique, d’une certaine manière, la notion de « faire attention » en contrôlant ses portions. L’apparence, sans que ce soit d’une manière excessive, est primordiale pour lui. Stéphane trouve important de
garder la forme et il ajoute avec un sourire, qu’il aime bien ne pas avoir l’air de son âge. Et oui, il profite du fromage, du dessert et du bon vin… mais uniquement du jeudi au samedi (avec certaines exceptions bien sûr!).

Je le questionne sur ses habitudes alimentaires… Il débute en m’expliquant qu’il mange habituellement cinq fois par jour car si ses prises alimentaires sont trop espacées, il devient irritable. Stéphane et son amoureuse prennent le repas du soir avec les enfants et pour patienter avant le souper, ils grignotent des légumes (et le vendredi ce sont des chips ou des craquelins). Les déjeuners sont toujours accompagnés de fruits. Stéphane tente de manger bio le plus possible; il se procure d’ailleurs plusieurs de ses aliments biologiques en visitant régulièrement en famille une ferme biologique dans les Laurentides. Il ne compte pas les calories.

Sans toutefois adhérer à des comportements drastiques, Stéphane me confie qu’il a déjà entrepris un régime amaigrissant à base de protéines. De la même manière, s’il réalise avoir pris cinq livres, il élimine les féculents de son alimentation pour deux ou trois semaines.

L’activité physique a évidemment toujours eu une place importante dans la vie de Stéphane. Il reste très investi dans l’exercice physique, en s’entraînant quatre fois semaine et en variant son entraînement (golf, vélo, spinning, cross fit). Stéphane est d’ailleurs le propriétaire du Club Athlétique Mansfield.

Étant papa de deux jeunes enfants, je questionne Stéphane sur ce qui, à son avis, représente le principal défi des jeunes d’aujourd’hui face à tout ce qui touche l’image corporelle. Il m’explique que contrairement à vouloir aller jouer dehors (comme c’était le cas pour les enfants de sa génération), les enfants d’aujourd’hui veulent plutôt s’adonner aux jeux vidéo. Selon lui, il en est du rôle des parents de contourner ce défi en étant impliqués dans des activités physiques avec leurs enfants. En partageant des activités physiques avec nos enfants, nous rendons ce moment agréable et axé sur le plaisir tout en donnant le « bon » exemple. Stéphane ne reste donc pas une grande inspiration seulement pour les adeptes de hockey mais aussi pour tous ceux qui ont envie de faire une place importante à l’activité physique !

Entrevue avec David Usher

août 29th, 2011

Ma rencontre avec David se déroule autour d’un café, sur une terrasse, lors de l’une de ces journées d’été chaudes. David est un homme calme et réservé. Il a pris une pause de son monde musical et artistique (il était en séance d’enregistrement) et s’est gentiment prêté à une réflexion sur l’alimentation et l’image corporelle.

David a un père d’origine montréalaise et une mère d’origine thaïlandaise. Il a grandi à Kingston en Ontario dans un environnement où il y avait peu de diversité culturelle. Il donne l’impression de s’être forgé tôt une identité corporelle propre à lui, étant donné ses origines asiatiques.

Il m’explique être conscient de son image corporelle et de son apparence mais beaucoup moins qu’auparavant. La santé semble maintenant déterminer beaucoup plus ses habitudes de vie que le souci face à son apparence physique. Il est important pour lui d’être en forme pour ses spectacles ainsi que dans son rôle de papa.

Il a déjà fait des cures de nettoyage mais n’a jamais entrepris de régimes amaigrissants. Il n’aime pas l’environnement des centres de conditionnement physique alors opte plutôt pour des cours de yoga. Il me confie toutefois vivre des phases face à l’exercice : trois mois d’assiduité peuvent être suivis par la même période d’inactivité. Il me fait aussi une importante déclaration : il est en amour avec sa bicyclette ! Il m’apporte une précision : il y a son amoureuse, ses deux filles et ensuite sa bicyclette ! Se promener à vélo est son moyen de transport principal et est synonyme d’un réel plaisir pour lui.

Le qualificatif qu’il utilise pour décrire la relation qu’il entretient avec l’alimentation : simple. David me confie avoir des goûts alimentaires à saveur très asiatique. Il évite la viande et les pâtes. Il mange beaucoup de riz et aime les plats épicées. Il connaît les notions nutritionnelles d’usage et tente de les appliquer le plus possible. Il ne mange habituellement pas de repas le matin mais le repas du soir est toujours pris en famille. L’achat et la préparation de la nourriture sont habituellement des tâches qu’il partage avec son amoureuse.

Sa philosophie de base est de tenter de bien s’alimenter mais face à cet aspect de sa vie aussi il m’explique être très cyclique. S’il est en tournée avec ses musiciens, ses prise alimentaires sont plutôt désorganisées et moins « santé ». De retour à la maison, il devient plus réfléchi dans ses choix.

Face à la relation que ses filles développeront face leur corps et l’alimentation, David semble très posé. Qu’importe l’image corporelle qu’elles auront, il me dit qu’il aura comme approche de favoriser l’acceptation et l’estime de soi. Quant à son opinion face aux modèles féminins auxquels ses filles sont exposés, il me confie affectionner particulièrement « Hermione » de la série Harry Potter et l’intelligence que cette dernière dégage !

Nous terminons notre entretien sur une note que je considère très inspirante. Lorsque questionné sur le défi de bien manger tout en ayant du plaisir, David m’explique que c’est ce qu’il recherche : trouver un équilibre entre le plaisir et la vie que qu’il veut vivre maintenant et les habitudes de vie qui détermineront l’état de santé qu’il aimerait avoir plus tard.

Entrevue avec Marc Dupré

juin 27th, 2011

Ma rencontre avec Marc a finalement lieue ! Nous avions dû la reporter puisqu’il avait reçu la veille un coup de bâton de hockey au visage. Pour ajouter à la situation, je me suis présentée à notre rencontre en retard, Marc m’ayant donné la mauvaise adresse… Nous sommes maintenant confortablement installés dans les locaux des Productions Feeling et débutons notre fort intéressante conversation.

Marc m’apparait très décontracté et surtout très ouvert à discuter de sa relation avec l’alimentation et l’image corporelle.  Il m’explique que jusqu’à l’âge de 25 ans, sa relation avec l’alimentation était simplement inexistante. Il mangeait dans le but de se nourrir. Il ne se privait jamais, mangeait rapidement et les moments accordée aux repas perçus comme une perte de temps.

Tout a changé il y a 12 ans lorsqu’il a emménagé avec son amoureuse Anne-Marie. Il a alors réalisé que les repas pouvaient devenir des moments pour se retrouver et se parler. Marc a alors découvert des plats autres que les traditionnels pâté chinois, lasagne, macaroni et a développé une réelle passion pour la bouffe. Il a tout d’abord débuté son initiation à la cuisine en prêtant main forte à son amoureuse pour le repas des enfants. Il a alors réalisé qu’il était pas mal doué… Il s’est alors procuré de multiples livres de recettes. Il m’admet d’ailleurs avoir fait toutes les recettes de Louis-François Marcotte ! Ses succès culinaires font en sorte qu’il devient celui en charge de la préparation du souper des adultes et son amoureuse de celui des enfants. Maintenant, Marc m’explique que le moment du repas du soir est sacré car c’est l’heure de la journée partagée avec son amoureuse autour d’un verre de vin et d’un bon repas. Il prend d’ailleurs un réel plaisir tout au long du processus de préparation : décider ce qu’il va manger, faire les courses pour se procurer les meilleurs produits et finalement cuisiner.

En investiguant ses habitudes un peu plus, je constate que le seul repas structuré de sa journée est le repas du soir. Il déjeune rarement, mange plutôt lorsqu’il ressent la faim et se prépare peu fréquemment des repas structurés durant la journée. Marc me révèle qu’il tente de diminuer sa consommation de viande, qu’il aime beaucoup les pâtes et qu’il consomme des gâteries surtout les fins de semaine ou lorsqu’il y a une occasion. Il n’a jamais fait de régime amaigrissant. Son aliment plaisir par excellence est la tarte au sucre, qui lui rappelle plein de souvenirs car sa grand-mère la préparait uniquement pour lui.

Marc reconnaît n’être génétiquement pas prédisposé à avoir un poids élevé.  Il joue au hockey plusieurs fois par semaine et il est important pour lui de bouger tous les jours. Son but est de se trouver beau et de le rester. Marc approche la quarantaine et aimerait continuer à ne pas se priver de manger ce qu’il aime. L’exercice physique lui permet donc de conserver un certain équilibre.

Il est évident, toutefois, que Marc n’a pas toujours été si serein face à son image corporelle… Marc m’explique, avec une grande honnêteté, que plus jeune il voulait beaucoup plaire et que cela faisait en sorte qu’il attribuait une grande importance à son apparence et à l’image qu’il projetait. Il me confie même qu’avec le métier qu’il a choisi,  il ressentait une pression extrême à être constamment à son meilleur et allouait beaucoup de temps à son « look ». Heureusement, il a maintenant atteint un point où ses valeurs ont changé. Il se préoccupe moins de l’opinion d’autrui et m’explique que l’essentiel pour lui est d’être un père heureux et de bonne humeur. Son déclic ? L’arrivée de ses enfants qui a provoqué des changements de priorités et de mode de vie chez lui. Marc reconnaît ressentir un grand besoin d’amour et ses enfants le comblent immensément sur ce plan.

Étant l’heureux papa de trois enfants dont une jeune fille de huit ans, Marc réalise l’importance de son rôle quant au type de relation que celle-ci développera avec l’alimentation et son corps. Il revendique le fait qu’il devrait y avoir des chanteuses et des actrices de tailles plus variées et surtout d’allure moins parfaite. Il me dit prendre le temps de complimenter sa fille, non seulement sur son apparence mais aussi sur sa personnalité. Les parents se doivent d’être au courant des personnalités connues qui deviennent les modèles de leurs enfants.

Je quitte les somptueux bureaux des Productions Feelings avec l’impression d’avoir fait la connaissance d’un gars équilibré et qui a beaucoup évolué. Et là, sur le pas de la porte, Marc me confie innocemment prendre des « shakes » de protéines synthétiques lorsqu’il s’entraîne… Je souris. Que voulez-vous, personne n’est parfait !