Dotée d’un regard profond, vrai et authentique, il se dégage de Julie une douceur et un calme évidents. Elle me confie dès le début de notre entrevue, être particulièrement touchée par la problématique des troubles de l’alimentation, car certaines personnes proches d’elle en souffrent.
Pour Julie, l’alimentation est sans équivoque reliée au plaisir. Épicurienne assumée, elle aime bien manger et bien boire. Julie n’a jamais fait de régime amaigrissant, ne calcule pas les calories ni les portions et écoute ses goûts et ses envies. Elle ressent et respecte bien les signaux de faim et de satiété que son corps lui transmet.
Je la questionne alors sur ses habitudes quotidiennes… Julie mange trois repas par jour et n’a pas l’habitude de prendre des collations. Elle privilégie la combinaison de protéines et légumes, car elle me confie ne pas se sentir physiquement bien lorsqu’elle mange, par exemple, des pommes de terre avec de la viande. Le vendredi est habituellement la soirée pizza et le sushi est au menu au moins une fois par semaine. Julie affectionne particulièrement les gâteries salées; elle a d’ailleurs chez elle des chips qu’elle mange lorsqu’elle en a envie. De plus, Julie aime cuisiner avec son amoureux. Et si elle va manger au restaurant avec des copines, elle m’assure qu’elle choisit toujours ce qu’elle a réellement envie de manger, et ce, sans culpabilité!
Jusqu’au début de l’âge adulte, Julie ne s’était jamais vraiment préoccupée de son poids et de son alimentation. C’est à l’âge de 20 ans, au terme de son Cégep, qu’elle quitte la maison et qu’elle constate avoir pris du poids. Elle a alors commencé à faire de l’activité physique et à mieux s’alimenter.
Elle relate avoir vécu une période, il y a quelques années, où elle était plus investie dans le contrôle de son alimentation. Durant cette période où elle était plus triste et critique face à son corps, elle me confie avoir eu l’impression de frôler l’état psychologique de l’anorexie. Ce fut suffisant pour la conscientiser à modifier son comportement.
Elle se sent maintenant beaucoup mieux face à son corps, même si parfois elle peut être très critique face à elle-même. Elle m’explique, par exemple, qu’elle n’aime pas constater avoir des « poignées d’amour ». La différence, maintenant, est que cet inconfort passager ne l’empêcherait pas de manger. Elle se tourne plutôt vers le sport pour retrouver un équilibre et se sentir mieux. Et même face à l’exercice physique, je sens une souplesse. Julie me confie ne pas être constante; pendant six mois, elle peut faire du jogging trois fois par semaine et ne faire plus rien pendant quatre mois.
Julie m’explique qu’à la base elle est une fille de radio et qu’à ses yeux, ce rôle engendre moins de pression que le rôle d’animatrice à la télévision. Au niveau de l’image corporelle, faire partie du monde télévisuel a été associé pour elle à un regard plus critique envers elle-même. Malgré cette pression de plaire et de correspondre a un certain idéal de beauté, Julie n’a pas fait de régime pour autant.
Sa position face à la chirurgie esthétique? Elle considère que ce n’est pas pour elle. Elle veut réellement lutter pour ne pas céder à la tentation. Elle m’explique que son but est plutôt d’apprendre à s’aimer et s’accepter même s’il peut être tentant par moment de suivre la vague.
Faisant référence à une personne qui l’inspire beaucoup au niveau de l’image corporelle, Julie me parle avec grand respect de sa mère qui, sans aucune intervention quelconque, est belle et rayonnante. Un bel exemple pour elle.
Dans la vie de tous les jours, Julie porte souvent un jeans avec un t-shirt. Elle n’est pas du genre à « s’arranger » pour aller à l’épicerie par souci de ce que les gens vont penser d’elle. D’ailleurs, elle me confie qu’elle n’aime pas l’image de l’animatrice givrée.
Elle conserve comme défi d’acquérir une plus grande stabilité dans son équation « bouffe-sport ». Face au sport, elle aimerait être plus assidue, car face à l’alimentation, se priver n’est définitivement pas une option!
Nous abordons les stratégies qui pourraient contribuer à véhiculer une image corporelle plus positive. Elle trouve d’ailleurs ce sujet difficile, car selon elle un des rôles importants de la télévision est de vendre du rêve et que dans ce contexte tout le monde essaie de paraître à son meilleur. Selon elle, il n’existe pas de solution miracle car nous sommes conditionnés à vouloir du beau. Un pas dans la bonne direction constituerait toutefois de présenter des femmes plus rondes et avec une apparence plus diversifiée.
Julie me raconte alors une anecdote personnelle… À l’âge de 22 ans lorsqu’elle travaillait à Télé-Québec, son patron de l’époque lui avait fait un commentaire désobligeant concernant une de ses dents qui était croche. Malgré ce commentaire, Julie a attendu plusieurs années plus tard (lorsqu’elle a commencé la coanimation de 2 filles le matin) pour effectuer ce changement!
Nous en sommes à la fin de notre délicieux repas et de notre fort fascinante conversation. Julie conclut que les fondements d’une bonne relation avec l’alimentation et l’image corporelle sont sans équivoque l’estime et l’amour de soi. Logiquement, le rôle revient aux parents d’enseigner à leurs enfants à s’estimer et à s’aimer. Mais Julie n’exclut pas que d’autres formes d’aide puissent également être très bénéfiques. Elle-même a d’ailleurs fait une psychothérapie, il y a trois ans, dans le but de mieux s’aimer et d’apprivoiser son perfectionnisme. Je souris à l’idée que cette confidence en inspirera plus d’un. Merci Julie.




![Joel au gym[1]](http://drestephanieleonard.com/wp-content/uploads/2011/05/Joel-au-gym1.bmp)

